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Affaire Mitterrand: Hortefeux et la majorité embarrassés

Régis Soubrouillard - Marianne | Jeudi 8 Octobre 2009 à 09:57 | Lu 13619 fois

Invité de Jean-Michel Aphatie, Brice Hortefeux a fait preuve d'une grande prudence dans ses commentaires à l'égard de l'affaire Mitterrand, apportant un soutien mesuré au ministre de la culture. Le ministre de l'Intérieur a botté en touche, arguant qu'il ne connaissait ni l'homme, ni le livre, traduction d'un embarras de plus en plus vif de la majorité.



Affaire Mitterrand: Hortefeux et la majorité embarrassés

Pendant deux jours, le sujet a été tabou. Grands médias et politiques espéraient bien qu’ils n’auraient pas à se prononcer sur cette polémique née tardivement sur un plateau de télé. L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais les temps ont changé, l’agenda politico-médiatique est versatile.   

La digue a tenu quelques temps avant d’exploser. Invité de Jean-Michel Aphatie, c’est Brice Hortefeux qui a dû se prononcer sur les écrits et les pratiques supposées de son collègue du ministre de la culture, Frédéric Mitterrand.

Un exercice d’équilibriste  délicat pour le ministre  de l’Intérieur qui pendant  cinq minutes venaient de développer un argumentaire précis sur l’attention que le gouvernement portait à la question de la délinquance sexuelle. Rien de mieux pour brouiller un message.

Brice Hortefeux a donc botté en touche, prenant même quelques distances avec son collègue: « Je ne connaissais pas l’existence du livre, je ne connaissais pas Frédéric Mitterrand avant son entrée au gouvernement ». On n’est jamais trop prudents.

Sur France, 2, Henri Guaino, a estimé, de son côté «  que le débat politique français prenait parfois des allures pathétiques (...) Tout cela est plein d'excès et assez indigne. Je ne vois pas pourquoi, quand on soulève une polémique aussi pathétique que celle-ci, avec autant de retard, on devrait en tirer des conséquences aussi radicales ».

Solidarité gouvernementale oblige, Brice Hortefeux  a simplement observé, «  que, comme ministre de la Culture, il est unanimement salué, reconnu, respecté de tous de par sa compétence ». Un éloge qui pourrait tout aussi bien faire office de remerciements pour services rendus en cas de départ précipité de l’intéressé.  

Car Jean-Michel Aphatie n’a pas lâché son interlocuteur, démontrant le caractère explosif du sujet Mitterrand : « la France condamne le tourisme sexuel quelqu’un qui l’a pratiqué peut-il être ministre de la culture » demande Aphatie. Un ange passe. Brice Hortefeux trouve le temps un peu long et de plus en plus nuageux. Les mots sont toujours les mêmes : « Frédéric Mitterrand est une personnalité que j’ai découverte, une personnalité attachante et qui est un très bon responsable ministériel ».
Nous n’en saurons pas plus, sinon que le nom de Mitterrand commence à sentir le soufre et à sérieusement embarrasser la majorité.







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