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Affaire Bogdanoff : l'imposture doit rester feutrée !

Dimanche 7 Novembre 2010 à 05:01 | Lu 28670 fois I 73 commentaire(s)

Nathalie Gathié - Marianne

Le rapport interne du CNRS ridiculisant les travaux des frères Bogdanoff ne sera finalement pas rendu public sur décision de la Commission d'accès aux documents administratifs. Les jumeaux cathodiques y voient le visage de la réhabilitation. Sauf que…


« Ne sont communicables qu’à l’intéressé les documents administratifs portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique nommément désignée ou facilement identifiable » : c’est en vertu de ce motif – et de lui seul – que la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) vient de s’opposer à la communication publique du rapport interne du CNRS portant sur les thèses de doctorat des jumeaux Bogdanoff.

Bref rappel des faits : publié en exclusivité dans Marianne il y a 3 semaines, ce document finalisé en novembre 2003 propulse les thèses de Grichka et d’Igor – soutenues respectivement en 1999 et en 2002 en mathématiques et en physique – dans la catégorie des « travaux dénués de sens ». Et leur conteste « tout statut scientifique ». Un régal à savourer sans modération et à télécharger sur marianne2  ici et ici.
 
Strictement juridique, le veto de la Cada ne désavoue en rien sur le fond le CNRS. Dans un courrier en date du 5 novembre, ladite instance balaie les accusations conspirationnistes distillées par les frangins et dissipe les soupçons d’illégalité aggravée que la paire se plaisait à faire peser sur ce rapport.

« Les sections du Comité national de la recherche scientifique, spécialisées par discipline [en l’occurrence les sections 1 (mathématiques) et 2 (physique théorique), ndlr] procèdent à l’évaluation de l’activité des chercheurs […] et peuvent être, plus généralement, consultées sur toute question relevant de leur domaine ». Zappée la fumeuse théorie d’«individus isolés dans les couloirs obscurs du CNRS », soucieux de flinguer deux têtes de gondole cathodiques, la démarche est parfaitement licite. Et surtout légitime : « Dans le cadre des dispositions précitées, note la Cada, ce rapport devait notamment apprécier le niveau des travaux scientifiques contenus dans les thèses de MM. Bogdanoff et la qualité de l’évaluation qui en a été faite. » Bref, ni le CNRS ni l’université de Bourgogne, commanditaires de cette contre-enquête en équations troubles, n’ont failli. Sauf qu’en faisant obstacle à la communication à des tiers de ce rapport aux conclusions assassines, la Cada ouvre un boulevard sous les pieds (nickelés) des Bogda. « Pas vus, pas pris », exultent-ils sur l’air des génies (auto-)réhabilités. En témoigne le communiqué digne du « Eurêka ! » d’Archimède qu’ils ont illico dégainé : « Le document anonyme de 2003, cité par un article de Marianne du 16 octobre et à l’origine d’un scandale médiatique sans précédent dans le paysage scientifique hexagonal, n'a finalement aucun fondement tant scientifique que légal […]. Le succès du […] Visage de Dieu pourrait être à l’origine de cette étrange polémique. » Ben voyons !

Les meilleures choses devant avoir une fin, invitons par ce court billet les Bog Brothers au fair-play. Ce rapport, si c’est vous qui en faites la demande à la Cada, vous sera transmis, les garçons ! Chiche ? On compte alors sur vous, honorables « démocrates du savoir », pour faire circuler l’info. La confisquer relèverait du complot.

Affaire Bogdanoff : l'imposture doit rester feutrée !








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