Affaire Bettencourt: enfin une vraie enquête?
Mercredi 27 Octobre 2010 à 14:01 | Lu 11669 fois I 54 commentaire(s)
Elodie Carcolse - Marianne 2
Michèle Alliot-Marie a affirmé ce matin sur France Inter que l'ensemble des dossiers de l'affaire allaient être dépaysés très prochainement.
capture d'écran - France Inter
C’est officiel, il y aura bien dépaysement de l’ensemble des dossiers de l’affaire Woerth/Bettencourt. Non seulement ceux de la juge Isabelle Prévost-Déprez mais aussi celui du procureur Philippe Courroye. C'est ce qu'a annoncé ce matin la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie au micro de France Inter, mettant ainsi fin à quatre jours de flottement dans une affaire déjà très marécageuse.
Retour en arrière. Samedi 23 octobre, le procureur général de Versailles, Philippe Ingall-Montagnier, surnommé PIM, annonce dans le JDD qu'il va demander le dépaysement de tous les dossiers de l'affaire Bettencourt traités au tribunal de Nanterre. Aussitôt, Martine Aubry se fend d'un communiqué pour se féliciter d'une telle décision. Naïve! L’eurodéputé d’Europe Ecologie et ancienne juge d’instruction Eva Joly douche aussitôt son enthousiasme en affirmant que cette demande a tout d'un piège : « [Philippe Ingall-Montagnier] prétend qu’il va dessaisir l’ensemble des affaires Woerth-Bettencourt, or cela n’est pas possible, explique-t-elle sur l’antenne de France Info. Rien ne permet de dessaisir un procureur (en l'occurrence Philippe Courroye, ndlr) de son enquête préliminaire. » Et d'ajouter que PIM ferait mieux d’«utiliser son pouvoir hiérarchique pour obliger Philippe Courroye à ouvrir une enquête sur l’affaire Woerth» au lieu de ne s'occuper que de dessaisir Prévost-Desprez. Des craintes partagées par les magistrats de l'Union syndicale des Magistrats (USM).
Le procureur de Versailles les a-t-il entendus? Toujours est-il que le mardi 26 octobre, Philippe Ingall-Montagnier demandait à Courroye d'ouvrir une information judiciaire, rendant ainsi possible le dépaysement de l'ensemble des dossiers de l'affaire. Ce qu'a confirmé MAM ce matin. Ouf!
On peut s’étonner que cette décision soit si tardive, alors que la demande a été faite depuis près d’un mois non seulement par l’opposition mais également par le procureur général auprès de la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, qui avait « conseillé » au procureur Courroye la saisine d’un juge d’instruction. A cela MAM rétorque que ce n’est pas à eux d’en faire la demande mais aux parties prenantes de l’affaire — qui s'en sont copieusement abstenues pendant des semaines. Et d'ajouter: « Ça n’est pas à l’opposition, pour des raisons politiques, de décider ce qui doit être jugé. » Cette affaire n’est donc pas politique ? « Non, cette affaire n’est pas politique et je ne veux pas qu’elle soit politique », rétorque MAM, oubliant au passage que ce sont ses services qui, en laissant Courroye bloquer le dossier pendant des mois, ont fait de cette affaire une affaire politique.
Et de pousser l'angélisme feint jusqu'à déclarer que « la justice a bien fonctionné, elle a avancé en ce qui concerne le dossier […] mais à partir du moment où il y a un soupçon qui pesait sur un juge (Isabelle Prévost-Déprez, nldr) qui travaillé sur le dossier, il était normal de faire ce que le Procureur Général de Versailles a fait. » Hilarant, non?
Retour en arrière. Samedi 23 octobre, le procureur général de Versailles, Philippe Ingall-Montagnier, surnommé PIM, annonce dans le JDD qu'il va demander le dépaysement de tous les dossiers de l'affaire Bettencourt traités au tribunal de Nanterre. Aussitôt, Martine Aubry se fend d'un communiqué pour se féliciter d'une telle décision. Naïve! L’eurodéputé d’Europe Ecologie et ancienne juge d’instruction Eva Joly douche aussitôt son enthousiasme en affirmant que cette demande a tout d'un piège : « [Philippe Ingall-Montagnier] prétend qu’il va dessaisir l’ensemble des affaires Woerth-Bettencourt, or cela n’est pas possible, explique-t-elle sur l’antenne de France Info. Rien ne permet de dessaisir un procureur (en l'occurrence Philippe Courroye, ndlr) de son enquête préliminaire. » Et d'ajouter que PIM ferait mieux d’«utiliser son pouvoir hiérarchique pour obliger Philippe Courroye à ouvrir une enquête sur l’affaire Woerth» au lieu de ne s'occuper que de dessaisir Prévost-Desprez. Des craintes partagées par les magistrats de l'Union syndicale des Magistrats (USM).
Le procureur de Versailles les a-t-il entendus? Toujours est-il que le mardi 26 octobre, Philippe Ingall-Montagnier demandait à Courroye d'ouvrir une information judiciaire, rendant ainsi possible le dépaysement de l'ensemble des dossiers de l'affaire. Ce qu'a confirmé MAM ce matin. Ouf!
On peut s’étonner que cette décision soit si tardive, alors que la demande a été faite depuis près d’un mois non seulement par l’opposition mais également par le procureur général auprès de la Cour de Cassation, Jean-Louis Nadal, qui avait « conseillé » au procureur Courroye la saisine d’un juge d’instruction. A cela MAM rétorque que ce n’est pas à eux d’en faire la demande mais aux parties prenantes de l’affaire — qui s'en sont copieusement abstenues pendant des semaines. Et d'ajouter: « Ça n’est pas à l’opposition, pour des raisons politiques, de décider ce qui doit être jugé. » Cette affaire n’est donc pas politique ? « Non, cette affaire n’est pas politique et je ne veux pas qu’elle soit politique », rétorque MAM, oubliant au passage que ce sont ses services qui, en laissant Courroye bloquer le dossier pendant des mois, ont fait de cette affaire une affaire politique.
Et de pousser l'angélisme feint jusqu'à déclarer que « la justice a bien fonctionné, elle a avancé en ce qui concerne le dossier […] mais à partir du moment où il y a un soupçon qui pesait sur un juge (Isabelle Prévost-Déprez, nldr) qui travaillé sur le dossier, il était normal de faire ce que le Procureur Général de Versailles a fait. » Hilarant, non?
Voir les 54 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter