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Accoyer, MAM, Hortefeux: Ayrault tire à vue… mais épargne Fillon

Mercredi 29 Septembre 2010 à 11:32 | Lu 10692 fois I 13 commentaire(s)

Pauline Baron - Marianne

Offensif, Jean-Marc Ayrault ce matin sur Europe 1. Après avoir longuement abordé la question de la menace terroriste en France, le président du groupe socialiste a en effet réclamé la tête de Bernard Accoyer et accablé plusieurs membres du gouvernement. A l'exception notable du Premier ministre.


(Wikimedia commons - Manuel Cavanet - cc)
(Wikimedia commons - Manuel Cavanet - cc)
Depuis quelques semaines, Bernard Accoyer est devenu l’homme à abattre pour les députés socialistes. Jean-Marc Ayrault a donc repris les armes ce matin pour réclamer la démission du président de l’Assemblée Nationale. Le président du groupe PS lui a dénié le rôle « d’ardent défenseur des droits du Parlement » que lui prêtait Marc-Olivier Fogiel. « Il fallait une réforme, mais il n’y a eu aucun nouveau droit : quand on demande une commission d’enquête sur les sondages de l’Elysée, sur les suicides à France Télécom…, on nous l’interdit », a tranché le maire de Nantes. Pire: à en croire Ayrault, Bernard Accoyer aurait la fâcheuse tendance de se prendre pour ce qu'il n'est pas, en oubliant qu'il n'est QUE président de l’Assemblée Nationale. Il « se comporte comme le président de l’UMP, c’est grave, s’est emporté Jean-Marc Ayrault, j’ai connu Philippe Séguin, Jean-Louis Debré et bien sûr des présidents socialistes, et ils ne se sont jamais comportés comme ça ».  

Bernard Accoyer n’a pourtant pas été le seul à subir les assauts virulents de Jean-Marc Ayrault. Michèle Alliot-Marie ainsi que Brice Hortefeux se sont également retrouvés dans sa ligne de mire. Si le second est accusé de brasser de l’air, la première ferait bien de faire son travail, estime le député-maire de Nantes. « J’aimerais bien que Monsieur Hortefeux arrête de faire de la gesticulation autour de tout ça –à savoir les risques d’attentats et la menace terroriste contre la France-, il est allé parader devant la Tour Eiffel », a-t-il commenté.

Au contraire, la ministre de la justice s’avère elle « incapable de prendre ses responsabilités pour qu’il y ait un juge indépendant dans l’affaire Bettencourt ». Les attaques contre la Garde des sceaux ont fusé : « elle n’est garante de rien du tout. C’est elle qui devrait assurer l’ordre public, poursuit le président des députés socialistes, il y a un désordre dans la justice aujourd’hui ». Les bisbilles entre Jean-Louis Nadal, procureur général de la Cour de Cassation, et Philippe Courroye en charge du dossier Bettencourt finiraient d’achever la crédibilité du gouvernement. « Le  parquet est soumis à sa hiérarchie (…). C’est un dysfonctionnement de l’État », a analysé Jean-Marc Ayrault.

Désormais l’heure est à la mobilisation des troupes, de toutes les forces condamnant la politique mise en œuvre par l’État. « Aujourd’hui, il y a des républicains, même à droite, qui commencent à s’inquiéter de cette dérive. J’ai lancé un appel aux journées parlementaires de Pau aux républicains du centre et de droite en leur disant de prendre leurs responsabilités, leur distance », a revendiqué Jean-Marc Ayrault.

On notera que le seul à être épargné par le président du groupe socialistes est… François Fillon. Preuve s'il en était besoin que le Premier ministre — qui a déclaré dimanche dernier que Nicolas Sarkozy n'avait jamais été son «mentor» — est véritablement en train de s'émanciper.








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