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A quand la prochaine réforme des retraites?

Liêm Hoang-Ngoc | Vendredi 29 Février 2008 à 07:10 | Lu 16263 fois

Avec France Inter, la chronique de Liêm Hoang-Ngoc, qui remplace cette semaine Bernard Maris.



A quand la prochaine réforme des retraites?
Nombreux sont les retraités qui, eux aussi, se lèvent tôt, et profitent d’autant mieux de la vie s’ils ont pu bénéficier d’une retraite à taux plein. Mais certains prédisent que ce sera de moins en moins le cas. La réforme Balladur de 1993, puis la réforme Fillon de 2003, ont réduit les taux de remplacement et allongé la durée de cotisation. Après avoir tenté d’aligner les régimes spéciaux, le gouvernement envisage à nouveau d’allonger la durée de cotisation à 41 ou 42 annuités. Y aura-t-il, pour ce faire une nouvelle réforme des retraites en 2008 ?

Les petites retraites, de plus en plus nombreuses
Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que ce n’est pas parce qu’on oblige les seniors à travailler plus longtemps que les entreprises leur en donnent la possibilité. L’âge moyen de départ à la retraite est toujours de 58 ans et demi. Le taux d’emploi des plus de 55 ans est désespérément calé à 38% et les CDD seniors n’ont aucun succès auprès des entreprises, qui n’en ont pas embauché plus de... 20 ! Il est vrai que les entreprises préfèrent remplacer les plus anciens par des nouveaux: les salaires des plus jeunes sont plus faibles, et leur productivité présumée plus forte.
Dans ces conditions, l’allongement de la durée de cotisation aboutira à ce que de plus en plus de travailleurs ne puissent toucher une retraite à taux plein, puisque les entreprises ne leur laissent pas la latitude de travailler 40 ans, et encore moins 42 ans à l'avenir ! Par conséquent, leur pouvoir d’achat se réduira.
De plus en plus de seniors seront même concernés par le minimum vieillesse, que touchent après 65 ans ceux qui n’ont pas pu cotiser suffisamment longtemps. On comprend mieux qu’en prévision d’une telle situation, le gouvernement n’ait pas eu d’autre choix que d’annoncer la revalorisation, à l’horizon 2012, de 25% du minimum vieillesse, qui concerne pour l’instant 610 000 personnes. En l’absence d’une telle revalorisation, ceux, de plus en plus nombreux, qui seront concernés par le minimum vieillesse auraient vu leur niveau de vie se dégrader singulièrement.

Un espoir : produire plus en travaillant moins !

Mais il ne faut pas dramatiser, nous ne sommes pas pour autant condamnés à de petites retraites. La part du gâteau destinée à financer les retraites par répartition dépend de trois facteurs : le taux de croissance du gâteau, la part du gâteau consacrée aux salaires (qui financent les retraites), et le taux de fécondité. Ce dernier dépasse désormais 2 enfants par femme, comme en Irlande. Quant à la croissance et aux salaires, ils ne sont pas condamnés à être bridés par des politiques de rigueur : on peut toujours espérer que des politiques keynésiennes voient enfin le jour en Europe. En attendant, une hausse des cotisations ne paraît pas insupportable.
La productivité devrait, enfin, bénéficier des bienfaits des nouvelles technologies et de la sacro-sainte économie de la connaissance. Comme nous pourrons produire plus en travaillant moins, nous ne sommes donc pas condamnés à nous lever tôt jusqu’au bout de la vie...

Le dicton du jour : Il est du cinéaste John Cassavetes : « l’essentiel n’est pas que le film soit bon ou mauvais, mais qu’il ait été possible ».

Retrouvez « Les idées reçues de l’économie » de Liêm Hoang-Ngoc, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.


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