A la télé ce soir: Sexe, mensonges et politique à la sauce danoise
Jeudi 9 Février 2012 à 15:01 | Lu 22009 fois I 6 commentaire(s)
Journaliste chez Marianne, notamment en charge des médias En savoir plus sur cet auteur
Les fictions politiques n'en finissent pas de passionner les Français parait-il. Ca tombe bien, puisque une nouvelle venue du Danemark vraiment à la hauteur débarque dès ce soir sur Arte. Vive, piquante et plutôt juste, la saison 1 de la froide "Borgen" a tout pour plaire. Seul hic, une version française (VF) qui, comme toujours, n'apporte rien à l'affaire.
Question à mille couronnes : quelles sont, selon vous, les différences politiques entre la France et le Danemark ? Après avoir visionné « Borgen », la nouvelle série diffusée à partir de ce soir sur Arte, vous en tiendrez au moins deux :
1) Ce que les danois surnomment « Le château » (Borgen) est le Parlement quand, pour nous, il s’agit de l’Elysée (à croire que leur assemblée a un vrai pouvoir, ils sont fous ces danois !).
2) En 2012, une femme est élue premier ministre.
Mais rassurons-nous et surtout ne changeons rien: ceci est de la fiction ! Ppour le reste, pas d’inquiétude à avoir, tout nous ressemble. Dans la série réalisé par Adam Price-qui a remporté le prix de la meilleure fiction au festival international de programmes audiovisuels (FIPA) en 2011- on croise des journalistes fricotant avec des hommes politiques ou leurs conseillers (au choix), des gouvernants en devenir capables de changer de stratégie à la dernière minute par pure manipulation et des chaines satisfaites d’un débat qui dérape pour faire « de la bonne télé » à tout prix. Le tout est réalisé avec brio et crée une ambiance de coulisses du pouvoir palpable même sur écran plat.
Il faut dire que Borgen met en scène toute une galerie de personnages plus vrais que natures. D’abord, Birgitte (prononcer Birguitte) Nyborg Christensen, secrétaire générale du parti centriste, parfaite en conquérante du pouvoir tendance réaliste. La comédienne parvient en effet à humaniser une figure souvent traitée de manière glaciale ou défaite de toute vie personnelle dans les fictions habituelles. Pas lissés non plus les comportements sexistes qui lui rappellent-au cas où elle l’aurait oublié - qu’elle appartient au sexe qu’on dit faible, à l’image de son très machiavélique « spin doctor » Kasper Juul qui n’hésite pas, à la moindre hésitation dans la course électorale, à lui demander si « c’est sérieux pour (elle) tout ça ? ». Pour clore le tableau, on croise une journaliste que l’on pourrait identifier à notre, désormais nationale, Anne-Sophie Lapix et un homme politique proche du salaud de la pire espèce avec lequel, cette fois, on n’osera pas le rapprochement.
Bref, Borgen, est une série assez juste qui nous embarque, à vive allure, dans un univers parfois tordu, souvent passionnant. La politique, en somme.
1) Ce que les danois surnomment « Le château » (Borgen) est le Parlement quand, pour nous, il s’agit de l’Elysée (à croire que leur assemblée a un vrai pouvoir, ils sont fous ces danois !).
2) En 2012, une femme est élue premier ministre.
Mais rassurons-nous et surtout ne changeons rien: ceci est de la fiction ! Ppour le reste, pas d’inquiétude à avoir, tout nous ressemble. Dans la série réalisé par Adam Price-qui a remporté le prix de la meilleure fiction au festival international de programmes audiovisuels (FIPA) en 2011- on croise des journalistes fricotant avec des hommes politiques ou leurs conseillers (au choix), des gouvernants en devenir capables de changer de stratégie à la dernière minute par pure manipulation et des chaines satisfaites d’un débat qui dérape pour faire « de la bonne télé » à tout prix. Le tout est réalisé avec brio et crée une ambiance de coulisses du pouvoir palpable même sur écran plat.
Il faut dire que Borgen met en scène toute une galerie de personnages plus vrais que natures. D’abord, Birgitte (prononcer Birguitte) Nyborg Christensen, secrétaire générale du parti centriste, parfaite en conquérante du pouvoir tendance réaliste. La comédienne parvient en effet à humaniser une figure souvent traitée de manière glaciale ou défaite de toute vie personnelle dans les fictions habituelles. Pas lissés non plus les comportements sexistes qui lui rappellent-au cas où elle l’aurait oublié - qu’elle appartient au sexe qu’on dit faible, à l’image de son très machiavélique « spin doctor » Kasper Juul qui n’hésite pas, à la moindre hésitation dans la course électorale, à lui demander si « c’est sérieux pour (elle) tout ça ? ». Pour clore le tableau, on croise une journaliste que l’on pourrait identifier à notre, désormais nationale, Anne-Sophie Lapix et un homme politique proche du salaud de la pire espèce avec lequel, cette fois, on n’osera pas le rapprochement.
Bref, Borgen, est une série assez juste qui nous embarque, à vive allure, dans un univers parfois tordu, souvent passionnant. La politique, en somme.
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