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A Charlie Hebdo, tout devient possible

Philippe Cohen | Mardi 12 Mai 2009 à 13:26 | Lu 10999 fois

C'est fait ! Philippe Val quitte Charlie pour la direction de France Inter. Le sage montre la lune et Radio France, le fou regarde le doigt et Charlie-Hebdo. Au fait, quid de l'hebdomadaire satirique après le départ de Val, officialisé ce matin ?



A Charlie Hebdo, tout devient possible

Val parti à Radio France que va devenir Charlie ? Jeudi dernier, lors d’une réunion fort longue, les collaborateurs du journal ont débattu du destin du journal et de sa direction. Le directeur de Charlie sera remplacé par un trio dirigé par Charb et comprenant également le dessinateur Riss et la journaliste Sylvie Coma, arrivée à l’hebdomadaire en 2001 après avoir travaillé dans l’équipe de Daniel Mermet « Là-bas si s’y suis ».  Pour ces trois-là il s’agit de faire en sorte que « Charlie garde sa place »

Ce n'est pas de la tarte. On sait aujourd’hui que si Philippe Val, dans son éditorial à paraître demain dans Charlie-Hebdo, affirme « laisser la main à la génération montante », l’hebdomadaire n’est pas au mieux de sa forme : en six mois, Charlie a perdu au moins quelques 20 000 lecteurs, et ladite génération montante va devoir prendre prochainement de sérieuses mesures d'économie.

La Une de Charlie demain
La Une de Charlie demain

Pour la plupart des observateurs, la polémique  qui a entraîné le départ de Siné et la création de Siné-hebdo, qui en quelques mois, a vu ses ventes croiser celles de Charlie, est responsable des difficultés de l’hebdomadaire. En interne, les successeurs de Val atténuent l’interprétation, peu généreuse pour Val, en évoquant deux unes sur Ségolène Royal et la crise. Quoi qu'il en soit, les journalistes de Charlie auront appris que leur patron envisageait son départ pour France Inter depuis l'affaire des caricatures de Mahomet à la fin de l'année 2005. « En réalité, décrypte un opposant interne à Val, ça fait dix ans que Philippe menace de partir. Ça fait partie de son mode de gestion apocalyptique ».

Pour l'heure, l'actionnariat de l'hebdomadaire ne devrait pas trop bouger. Les actions de Philippe Val, le plus gros actionnaire du journal avec Cabu, pourraient être gelées, Charb et Riss étant actionnaires minoritaires avec moins de 10% des parts chacun. Reste à savoir comment Cabu et Bernard Maris, deux autres actionnaires minoritaires qui ne semblent pas profiter de la redistribution des cartes, réagiront à la nouvelle donne. Premiers éléments de réponse jeudi pour la première conférence de rédaction de l'après-Val. Mais le vrai enjeu est ailleurs : l'hebdomadaire va-t-il réussir à renouer avec sa verve subversive et cesser de concentrer son tir sur des institutions vermoulues comme l'Eglise Saint-Nicolas-du-Chardonnet ou le Front National ?

Article actualisé à 16h30



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