2012 : Sarkozy est-il forcément le « candidat naturel » de la droite?
Mercredi 27 Avril 2011 à 15:01 | Lu 6646 fois I 43 commentaire(s)
Philippe Bilger a été juge d’Instruction et avocat général. Il est actuellement magistrat... En savoir plus sur cet auteur
Philippe Bilger est... « primaire » : quand l'actualité l'agace, il n'hésite pas à la dénoncer. Il évoque en particulier l'idée lancée de primaires à droite, balayée d'un revers de main par tous ceux qui défendent Nicolas Sarkozy derrière le bouclier de la « candidature naturelle ».
C'est agaçant, ces péripéties qui viennent se mettre dans ma tête comme des bâtons dans les roues mais aucune raison de les éluder car sinon elles pourriraient en moi et ne me feraient que du mal.
Il faut être primaire et ne pas hésiter à dénoncer.
Martine Monteil, Commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur sous l'égide du ministère de l'Intérieur et Francis Szpiner, Commandeur adoubé par le ministère de la Justice (Le Figaro) après, il y a peu, un étonnant arrêt de relaxe. Cherchez l'erreur ! Encore sans doute une inspiration complaisante de Michèle Alliot-Marie. Pourtant cela jure, Commandeur, honneur et Szpiner. Si la honte pouvait exister encore au front des ministres, je dirais qu'une telle distinction pour un tel personnage est une honte. C'est une stupéfaction personnelle qu'un tel égarement !
Il faut être primaire et ne pas hésiter à déplorer.
Le père jaloux et envieux qui ne veut pas quitter la scène politique et rêverait d'être dans des coulisses mais en pleine lumière est une plaie pour la démocratie et pour sa fille Marine. Celle-ci a eu tout à fait raison d'exclure immédiatement un adepte du salut nazi et il a fallu évidemment que Jean-Marie Le Pen prenne le parti des opposants à cette mesure de salubrité. L'électorat ouvrier, par ailleurs, soutient majoritairement le Front national (Journal du Dimanche) et il n'était guère difficile de prévoir la réaction du « papa » venant déclarer, quand on ne lui demandait rien, qu'avec lui c'était déjà le cas (nouvelobs.com). Avec Jean-Marie Le Pen, Marine a un ennemi dans la place. C'est pitoyable comme une représentation de trop !
Il faut être primaire et ne pas hésiter à s'interroger.
Depuis quelques semaines, au sein de la majorité, on entend parler du « candidat naturel » que serait le président de la République pour la prochaine échéance de 2012. Que veut donc dire « naturel » dans le cadre d'un débat démocratique ?
Je ne pense pas une seconde, sauf à disqualifier par avance toutes velléités de changement, qu'avec cet adjectif on puisse entendre la reconduction automatique de celui qui a été en charge du pouvoir pour le premier quinquennat. Il serait alors « naturel » parce qu'il occuperait déjà la place mais que deviendraient alors la multitude de voix qui l'avaient d'abord célébré avant de se détourner de lui, à partir du moment où elles ne seraient pas tentées de favoriser l'autre camp ? Seraient-elles laissées en déshérence comme de la mauvaise herbe par une organisation partisane plus soucieuse de ne rien modifier aux habitudes - celui qui a été président sera le candidat - que de répondre à l'infinie diversité d'un électorat mécontent mais non transfuge ? En forçant le trait, le propre de la République ne serait-il pas d'installer chaque citoyen en position de candidat « naturel » pour qu'au moins les élites publiques prennent conscience qu'elles nous représentent mais qu'elles ne sont que nos représentants ?
Aussi, que des personnalités clairvoyantes comme Alain Lamassoure (Le Monde) et Hervé Mariton aient évoqué la nécessité de « primaires » au sein de l'UMP pour désigner le meilleur candidat pour 2012 ne me semble pas un crime de lèse-président même si Henri Guaino n'est pas favorable à cette proposition. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi un tir de barrage, tellement ostensible et téléguidé qu'il en devient ridicule, devait se manifester comme si la simple concurrence de Nicolas Sarkozy avec d'autres était susceptible de constituer un tremblement de la politique quand elle pourrait apparaître, au contraire, comme sa cohérence. Pourquoi Nadine Morano a-t-elle éprouvé le besoin de mettre en garde Jean-Louis Borloo ? Pourquoi a-t-elle ressorti le concept du « candidat naturel » ? Pourquoi Gérard Larcher, se flattant d'une liberté d'expression politique, démontre-t-il le contraire en écartant toute sélection en amont ?
Il me semble que dans ces attitudes de fidélité qui se multiplient mécaniquement, il y a la volonté tactique de ne pas déroger à une exclusivité qui offre l'avantage apparent de la commodité et de la clarté et aussi sans doute, un désir de se convaincre soi-même pour échapper à la tentation centrifuge - hors de question de douter de Nicolas Sarkozy, il doit être le meilleur par principe !
Pourtant les talents et les intelligences ne manquent pas en dehors même du fait que les sondages semblent privilégier tel ou tel par rapport au président de la République. Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé ne seraient pas des compétiteurs médiocres si une « primaire » était organisée avec possibilité absolue de voter selon sa conscience. Que ceux-ci, encore plus que d'autres, entonnent sans cesse le refrain du « candidat naturel » que serait Nicolas Sarkozy n'est guère surprenant. D'une part, pour eux qui ont des ambitions, il est légitime que le président assume son quinquennat jusqu'au bout et ne les oblige pas à en prendre leur part. D'autre part, et au contraire, laisser croire à une éventuelle concurrence de leur part reviendrait à fragiliser le bilan, ses ombres risquant de porter atteinte à ses lumières.
Il faut être primaire et ne pas hésiter à dénoncer.
Martine Monteil, Commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur sous l'égide du ministère de l'Intérieur et Francis Szpiner, Commandeur adoubé par le ministère de la Justice (Le Figaro) après, il y a peu, un étonnant arrêt de relaxe. Cherchez l'erreur ! Encore sans doute une inspiration complaisante de Michèle Alliot-Marie. Pourtant cela jure, Commandeur, honneur et Szpiner. Si la honte pouvait exister encore au front des ministres, je dirais qu'une telle distinction pour un tel personnage est une honte. C'est une stupéfaction personnelle qu'un tel égarement !
Il faut être primaire et ne pas hésiter à déplorer.
Le père jaloux et envieux qui ne veut pas quitter la scène politique et rêverait d'être dans des coulisses mais en pleine lumière est une plaie pour la démocratie et pour sa fille Marine. Celle-ci a eu tout à fait raison d'exclure immédiatement un adepte du salut nazi et il a fallu évidemment que Jean-Marie Le Pen prenne le parti des opposants à cette mesure de salubrité. L'électorat ouvrier, par ailleurs, soutient majoritairement le Front national (Journal du Dimanche) et il n'était guère difficile de prévoir la réaction du « papa » venant déclarer, quand on ne lui demandait rien, qu'avec lui c'était déjà le cas (nouvelobs.com). Avec Jean-Marie Le Pen, Marine a un ennemi dans la place. C'est pitoyable comme une représentation de trop !
Il faut être primaire et ne pas hésiter à s'interroger.
Depuis quelques semaines, au sein de la majorité, on entend parler du « candidat naturel » que serait le président de la République pour la prochaine échéance de 2012. Que veut donc dire « naturel » dans le cadre d'un débat démocratique ?
Je ne pense pas une seconde, sauf à disqualifier par avance toutes velléités de changement, qu'avec cet adjectif on puisse entendre la reconduction automatique de celui qui a été en charge du pouvoir pour le premier quinquennat. Il serait alors « naturel » parce qu'il occuperait déjà la place mais que deviendraient alors la multitude de voix qui l'avaient d'abord célébré avant de se détourner de lui, à partir du moment où elles ne seraient pas tentées de favoriser l'autre camp ? Seraient-elles laissées en déshérence comme de la mauvaise herbe par une organisation partisane plus soucieuse de ne rien modifier aux habitudes - celui qui a été président sera le candidat - que de répondre à l'infinie diversité d'un électorat mécontent mais non transfuge ? En forçant le trait, le propre de la République ne serait-il pas d'installer chaque citoyen en position de candidat « naturel » pour qu'au moins les élites publiques prennent conscience qu'elles nous représentent mais qu'elles ne sont que nos représentants ?
Aussi, que des personnalités clairvoyantes comme Alain Lamassoure (Le Monde) et Hervé Mariton aient évoqué la nécessité de « primaires » au sein de l'UMP pour désigner le meilleur candidat pour 2012 ne me semble pas un crime de lèse-président même si Henri Guaino n'est pas favorable à cette proposition. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi un tir de barrage, tellement ostensible et téléguidé qu'il en devient ridicule, devait se manifester comme si la simple concurrence de Nicolas Sarkozy avec d'autres était susceptible de constituer un tremblement de la politique quand elle pourrait apparaître, au contraire, comme sa cohérence. Pourquoi Nadine Morano a-t-elle éprouvé le besoin de mettre en garde Jean-Louis Borloo ? Pourquoi a-t-elle ressorti le concept du « candidat naturel » ? Pourquoi Gérard Larcher, se flattant d'une liberté d'expression politique, démontre-t-il le contraire en écartant toute sélection en amont ?
Il me semble que dans ces attitudes de fidélité qui se multiplient mécaniquement, il y a la volonté tactique de ne pas déroger à une exclusivité qui offre l'avantage apparent de la commodité et de la clarté et aussi sans doute, un désir de se convaincre soi-même pour échapper à la tentation centrifuge - hors de question de douter de Nicolas Sarkozy, il doit être le meilleur par principe !
Pourtant les talents et les intelligences ne manquent pas en dehors même du fait que les sondages semblent privilégier tel ou tel par rapport au président de la République. Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé ne seraient pas des compétiteurs médiocres si une « primaire » était organisée avec possibilité absolue de voter selon sa conscience. Que ceux-ci, encore plus que d'autres, entonnent sans cesse le refrain du « candidat naturel » que serait Nicolas Sarkozy n'est guère surprenant. D'une part, pour eux qui ont des ambitions, il est légitime que le président assume son quinquennat jusqu'au bout et ne les oblige pas à en prendre leur part. D'autre part, et au contraire, laisser croire à une éventuelle concurrence de leur part reviendrait à fragiliser le bilan, ses ombres risquant de porter atteinte à ses lumières.
Combien de candidats en 2012 ? Il y aura Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, peut-être Jean-Louis Borloo, les primaires socialistes et d'Europe Écologie-Les Verts, la recherche éperdue pour chacun des 500 signatures, une formidable effervescence partout mais pas de primaires à l'UMP ! Est-il bien sûr que même les partisans lucides de Nicolas Sarkozy ne préfèreraient pas, pour s'enlever tout regret, le voir disputer sa cause en face d'adversaires de qualité mais au style et au projet différents ?
Une certitude : la politique en 2012 passionnera autant, sinon plus, qu'en 2007.
Je suis primaire : j'ai hâte d'y être.
Lire d'autres articles de Philippe Bilger sur son blog.
Une certitude : la politique en 2012 passionnera autant, sinon plus, qu'en 2007.
Je suis primaire : j'ai hâte d'y être.
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