Marianne2 2012

1er mai: une journée vraiment particulière ?

Mercredi 2 Mai 2012 à 11:41 | Lu 3979 fois I 5 commentaire(s)

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

Une mobilisation policière impressionnante dans la capitale, des invectives parfois qualifiées de pétainistes de Nicolas Sarkozy sur le «vrai travail», auxquelles la gauche avait répliqué par des mises en garde cinglantes: tout avait été mis en scène avant ce premier mai pour dramatiser cette journée de manifestations. Au point que certains se faisaient peur en évoquant l'ombre du trouble 6 février 1934. Au final, à cinq jours du verdict de la Présidentielle, cette stratégie de tension aura fait flop. Front National et syndicats auront tenu leur rôle plutôt avec sobriété. Et seul Nicolas Sarkozy aura au Trocadéro surjoué la croisade contre le drapeau rouge...


(Manifestation du 1er mai 2012 - Thibault Camus/AP/SIPA)
(Manifestation du 1er mai 2012 - Thibault Camus/AP/SIPA)


Quinze heures. Dans le prolongement de la Place Denfert-Rochereau, le carré syndical de tête s'agrégeait avec difficulté. Non pas sous la pression des manifestants en tête desquels patientaient sagement les salariés de l'usine PSA d'Aulnay parqués à quelques mètres. Ou d'hypothétiques charges de fachos. Mais victimes des ruées répétées des reporters dépêchés par les radios et les télévisions. Prêts eux à jouer du coude, comme de la caméra, de façon musclée, pour capter une courte déclaration de  Bernard Thibault le leader de la CGT justifiant son vote pour François Hollande et l'engagement total de sa centrale contre la réélection de Nicolas Sarkozy. Ou les explications d'un François Chérèque, secrétaire général de la CFDT justifiant la neutralité de son syndicat...tout en accusant le Président candidat de « provoquer et diviser » inutilement les Français. « Je n'ai jamais vu dans une campagne un candidat s'attaquer ainsi aux responsables syndicaux en faisant croire qu'ils défendaient les assistés, les fonctionnaires. » tonnait même de fan de rugby.

A leur côtés, légèrement épargnés par l'impittoyable mélée, les porte parole de Solidaires comme de l'Unsa, jugeaient carrément disproportionnée la mobilisation d'un millier de policiers dans la capitale. " « On ne s'attend à rien, confiait la brune Annick Coupé en soupirant. Même sur les réseaux internet sur lesquels nous pouvons le cas échéant détecter des coups fourrés, nous n'avons rien relevé. En revanche, nous nous félicitons de l'affluence record à ce défilé du Premier Mai.  »( 316 000 personnes dans toute la France selon la police, 750 000 selon la CGT) 
« On sent bien chez Nicolas Sarkozy une volonté de faire monter la tension à quelques jours du second tour de la Présidentielle. Mais ce qui m'inquiète davantage ce sont bien plus ses attaques inadmissibles contre les "corps intermédiaires" et les votes massifs en faveur du Front National que les débordements de la rue », renchérissait Luc Bérille, secrétaire général de l'UNSA.  Dans les cortèges, les manifestants ironisaient eux largement sur les dernières saillies du Président-candidat. « Dis Papa est-ce que ton travail c'est un vrai travail ? » questionnait ainsi candidement la pancarte d'un enfant. « Sarko dégage » intimaient plus brutalement un grand nombre d'autres panonceaux.

De fait, ce n'est donc que sur la Pace du Trocadéro, devant une foulée de drapeaux tricolores, privatisé par Nicolas Sarkozy, que les propos les plus virulents, auront été scandés.  « Posez le drapeau rouge et servez la France! », a cru bon d'intimer aux syndicats, le chef de l'Etat en poursuivant sa diatribe d'un « Je n'accepterai jamais de recevoir des leçons de morale de la part de ceux qui brandissent ce drapeau étendard de tant de tyrannies à travers le monde ». Grandiloquent. Clivant et décalé sans nul doute. Mais peut-êre insuffisant pour permettre le renouvellement de son CDD dimanche prochain...





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