12 octobre 2008 : naissance du gouvernement commun
Lundi 13 Octobre 2008 à 08:12 | Lu 14264 fois I 135 commentaire(s)
Bernard Maris
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Avec la réunion de l'Eurogroupe, il n'y a plus seulement une monnaie commune, mais aussi un gouvernement commun. Qui prend des décisions.
Après la réunion de l’Eurogroupe, enfin la sortie de crise ? Sans doute. Cette réunion est très importante à plus d’un titre. D’abord c’est vraiment l’acte de naissance de l’Europe politique. On avait toujours dit : «A quoi bon une monnaie commune sans gouvernement commun ?» Et bien, derrière la monnaie commune il y a – et sans doute définitivement – un gouvernement commun. Quoi qu’il en soit, la zone euro a pris des décisions essentielles. J’en ai retenu quatre.
La première : suite à la réunion du G7, les grandes banques sont garanties. Donc plus de souci pour les déposants.
Deuxièmement, les ratios prudentiels vont être redéfinis. Ce qui veut dire : désormais les banques vont devoir couvrir les risques. Finie, la spéculation sur du vent.
La première de ces décisions peut paraître un peu technique, mais nous ramène quarante ans en arrière dans les années soixante, au bon temps où les banques commerciales (celles qui ont failli, celles qui ont fauté) n’étaient rien sans la banque centrale. Désormais la banque centrale va accepter leur papier commercial. Ce qui veut dire qu’elles pourront avoir de la liquidité sans passer par le marché libre. Autrement dit, elles repassent sous la tutelle de la banque centrale, elles sont soumises, elles sont «en banque» comme on disait autrefois.
La première : suite à la réunion du G7, les grandes banques sont garanties. Donc plus de souci pour les déposants.
Deuxièmement, les ratios prudentiels vont être redéfinis. Ce qui veut dire : désormais les banques vont devoir couvrir les risques. Finie, la spéculation sur du vent.
La première de ces décisions peut paraître un peu technique, mais nous ramène quarante ans en arrière dans les années soixante, au bon temps où les banques commerciales (celles qui ont failli, celles qui ont fauté) n’étaient rien sans la banque centrale. Désormais la banque centrale va accepter leur papier commercial. Ce qui veut dire qu’elles pourront avoir de la liquidité sans passer par le marché libre. Autrement dit, elles repassent sous la tutelle de la banque centrale, elles sont soumises, elles sont «en banque» comme on disait autrefois.
Troisièmement : les normes comptables américaines sont abandonnées. Or ce sont les normes comptables américaines qui ont flanqué la pagaille. Selon les Américains c’est la valeur du marché, la valeur au jour le jour qui définit les actifs d’une entreprise ou d’une banque dans leur bilan, ce qui est idiot. Car autant ces actifs sont surévalués en période d’euphorie, autorisant n’importe quelle folie, n’importe quel emprunt, autant ils sont sous-évalués en période de crise. La valeur des entreprises sera définie à plus long terme en fonction des « fondamentaux » de cette entreprise, ses brevets, ses travailleurs, ses potentialités etc. Cette mesure devrait tordre le cou à la spéculation qui massacre toutes les valeurs en les jouant aujourd’hui à la baisse.
Enfin, quatrièmement : La garantie des prêts interbancaires. On laisse les banques se prêter de l’argent au jour le jour, et les Etats garantissent leurs prêts. A partir de là toute la liquidité qu’elles ont en stock va recirculer. On récrée le marché monétaire.
Quant aux fautifs, ceux par qui la crise est arrivée, le président Sarkozy a été très clair. Pas question de leur donner un blanc seing, on n’éponge pas les créances douteuses comme ça, on ne recrée pas le marché monétaire pour qu’il fasse n’importe quoi. Haro sur le spéculateur, vive l’entrepreneur, on a créé l’euro pour éviter la spéculation ce n’est pas la spéculation sur autre chose qui va faire couler les économies.
La phrase du jour : « Il y aura des responsables qui devront rendre des comptes. »
Retrouvez les chroniques de Bernard Maris sur France Inter.
Enfin, quatrièmement : La garantie des prêts interbancaires. On laisse les banques se prêter de l’argent au jour le jour, et les Etats garantissent leurs prêts. A partir de là toute la liquidité qu’elles ont en stock va recirculer. On récrée le marché monétaire.
Quant aux fautifs, ceux par qui la crise est arrivée, le président Sarkozy a été très clair. Pas question de leur donner un blanc seing, on n’éponge pas les créances douteuses comme ça, on ne recrée pas le marché monétaire pour qu’il fasse n’importe quoi. Haro sur le spéculateur, vive l’entrepreneur, on a créé l’euro pour éviter la spéculation ce n’est pas la spéculation sur autre chose qui va faire couler les économies.
La phrase du jour : « Il y aura des responsables qui devront rendre des comptes. »
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